Défaillances dans le BTP au 3e trimestre 2026 : 3 452 procédures, le second œuvre en tête
Selon le bilan Altares publié le 13 octobre 2026, la construction a enregistré 3 452 ouvertures de procédures collectives entre juillet et septembre, en recul de 3,1 % sur un an. Elle reste pourtant le premier secteur touché, et le second œuvre concentre à lui seul près de la moitié des dossiers. En Nouvelle-Aquitaine, les défaillances tous secteurs reculent de 5,3 %.
Par Theo Denis, 2vanture. Publié le , 5 min de lecture. Concerne les entreprises du bâtiment.
Combien d'entreprises du BTP ont fait défaut cet été ?
Le cabinet Altares a recensé 14 652 ouvertures de procédures collectives en France au troisième trimestre 2026, tous secteurs confondus. Le chiffre progresse de 0,5 % sur un an, la hausse la plus faible depuis 2022. Mais l'accalmie se fait à un niveau très élevé : sur douze mois glissants, près de 72 000 entreprises sont tombées, un record selon le cabinet.
La construction pèse lourd dans ce total, avec 3 452 procédures, soit près d'un dossier sur quatre. C'est 3,1 % de moins qu'un an plus tôt, mais aucun autre secteur n'en compte autant. Le premier trimestre 2026 avait été encore plus dur, avec 4 008 défaillances dans la construction, en hausse de 4,8 % selon les données reprises par la CAPEB.
| Segment (T3 2026) | Procédures | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Construction, ensemble | 3 452 | -3,1 % |
| Second œuvre | 1 700 | -1 % |
| Gros œuvre | 880 | -13,1 % |
| dont construction de maisons individuelles | non précisé | -18 % |
| dont maçonnerie | non précisé | -7 % |
| Promotion immobilière | non précisé | +6,5 % |
| Aménagement paysager | non précisé | +17 % |
Pourquoi le second œuvre souffre-t-il davantage ?
Le gros œuvre profite du léger redémarrage du logement neuf : les défaillances de constructeurs de maisons individuelles chutent de 18 % et celles de la maçonnerie de 7 %. Le second œuvre, lui, stagne à 1 700 procédures. Plombiers, électriciens, menuisiers, plaquistes et peintres dépendent surtout de l'entretien-rénovation, un marché qui recule depuis sept trimestres d'après la FFB (-3,3 % au deuxième trimestre 2026, -3,8 % en Nouvelle-Aquitaine).
La FFB note d'ailleurs sur huit mois une hausse de 3 à 4 % des défaillances en menuiserie-serrurerie, en aménagement-finitions et en génie climatique. Elle s'inquiète aussi d'une forte progression chez les entreprises de taille moyenne : 156 procédures pour celles de 20 à 49 salariés (+30 %) et 23 pour celles de 50 salariés et plus (+21 %). Pour l'ensemble de 2026, la fédération table sur environ 12 000 défaillances dans le bâtiment, un peu moins que les deux années précédentes.
Altares rappelle enfin que les entreprises les plus jeunes et les plus petites restent les plus exposées. Tous secteurs, les structures de moins de trois salariés représentent 75 % des procédures (+2,9 %), et celles de moins de six ans d'existence environ 42 %.
Et en Nouvelle-Aquitaine ?
La région fait partie de celles où la situation s'améliore. Altares y dénombre 1 354 défaillances au troisième trimestre, tous secteurs confondus, contre 1 430 un an plus tôt, soit un recul d'environ 5,3 %. À titre de comparaison, les Pays de la Loire (+18,4 %) et la Bretagne (+11,4 %) sont en nette hausse. Le bilan publié ne détaille pas la part du BTP par région.
Ce recul régional reste fragile. La CAPEB mesure au deuxième trimestre une trésorerie en forte dégradation pour 35 % des artisans du bâtiment, et un solde d'opinion sur les carnets de commandes à -12 points en Nouvelle-Aquitaine. Or une défaillance arrive souvent six à douze mois après le début des tensions de trésorerie, quand les dettes fiscales et sociales se sont accumulées.
Quelle procédure en cas de difficulté ?
Deux tiers des procédures ouvertes cet été (66,5 %) ont été des liquidations judiciaires directes, contre 73 % en 2022. Les redressements judiciaires progressent de 4,2 % et les sauvegardes restent rares, à 332 sur tout le trimestre. Le message est simple : plus un dirigeant agit tôt, plus il garde la main. Les outils amiables, discrets, fonctionnent avant l'état de cessation des paiements ou juste après.
| Dispositif | Pour quoi faire | Conditions principales |
|---|---|---|
| Entretien de prévention au tribunal de commerce | Faire le point avec un juge et connaître les solutions légales | Confidentiel, sur rendez-vous auprès du greffe ou via Infogreffe |
| CCSF (DDFiP) | Étaler les dettes fiscales et sociales (part patronale) | Être à jour des déclarations et de la part salariale des cotisations |
| Médiateur des entreprises | Débloquer un litige ou un retard de paiement avec un client ou fournisseur professionnel | Gratuit, confidentiel, contact sous 7 jours, entreprise hors procédure collective |
| Médiation du crédit (Banque de France) | Résoudre un refus ou une réduction de financement bancaire | Gratuite, orientation possible via le correspondant TPE-PME (34 14) |
| Conciliation | Négocier un accord avec ses créanciers avec l'aide d'un conciliateur | Pas en cessation des paiements depuis plus de 45 jours, 4 mois maximum prolongeables à 5, confidentielle |
Les centres d'information sur la prévention des difficultés des entreprises (CIP), animés par d'anciens juges consulaires, avocats et experts-comptables, proposent aussi des entretiens d'orientation. Renseignez-vous auprès de la CCI Bordeaux Gironde ou de votre organisation professionnelle pour connaître le point de contact le plus proche. À noter : le tribunal de commerce de Bordeaux ne fait pas partie des douze juridictions qui expérimentent depuis janvier 2025 le tribunal des activités économiques ; c'est donc toujours lui qui reçoit les artisans girondins.
Les signaux d'alerte à surveiller
Prenons un électricien du Bassin d'Arcachon avec cinq salariés. Ses carnets sont passés de trois mois à cinq semaines, il a reporté deux échéances Urssaf et négocie un découvert supplémentaire. Chacun de ces signes, pris isolément, paraît gérable. Ensemble, ils dessinent une trajectoire qu'il faut casser tout de suite. Voici une checklist à passer chaque mois avec votre comptable.
- Le carnet de commandes est-il tombé sous 30 jours de travail ?
- Le délai moyen d'encaissement des clients s'allonge-t-il d'un mois sur l'autre ?
- Avez-vous reporté ou fractionné une échéance Urssaf, TVA ou caisse de congés payés ?
- Le découvert est-il utilisé en permanence plutôt que ponctuellement ?
- Payez-vous vos fournisseurs en retard pour tenir les salaires ?
- La marge par chantier a-t-elle baissé, faute d'avoir répercuté la hausse des matériaux ?
Deux réponses positives justifient un rendez-vous rapide avec l'expert-comptable, puis avec l'un des interlocuteurs ci-dessus. La CAPEB Gironde (05 56 11 70 70) et la FFB Gironde peuvent aussi orienter leurs adhérents. Côté clients, les réflexes de base restent les plus efficaces : acompte à la commande, situations de travaux mensuelles, pénalités de retard et indemnité de 40 euros mentionnées sur chaque facture professionnelle, relance écrite dès le lendemain de l'échéance.
Questions fréquentes
Combien de défaillances dans le BTP au 3e trimestre 2026 ?
Altares recense 3 452 ouvertures de procédures collectives dans la construction entre juillet et septembre 2026, soit 3,1 % de moins qu'un an plus tôt. Le secteur reste le plus touché en nombre de dossiers, avec 1 700 procédures dans le second œuvre et 880 dans le gros œuvre.
Les défaillances augmentent-elles en Nouvelle-Aquitaine ?
Non, elles reculent. Tous secteurs confondus, la région compte 1 354 défaillances au troisième trimestre 2026 contre 1 430 un an plus tôt, soit environ -5,3 %. Le détail pour le seul BTP régional n'est pas publié.
Un artisan peut-il demander une conciliation ?
Oui. La conciliation est ouverte aux entreprises artisanales qui ne sont pas en cessation des paiements depuis plus de 45 jours. La demande se fait auprès du président du tribunal de commerce, la procédure dure au maximum quatre mois prolongeables à cinq et reste confidentielle, sauf homologation de l'accord.
Peut-on étaler ses dettes Urssaf et fiscales sans passer par le tribunal ?
Oui, en saisissant la CCSF auprès de la DDFiP du siège de l'entreprise. Il faut être à jour de ses déclarations et avoir payé la part salariale des cotisations. Un dossier simplifié existe pour les très petites entreprises.
- Batiweb, défaillances d'entreprises dans le BTP au 3e trimestre 2026, octobre 2026
- TPE Actu, bilan Altares des défaillances du 3e trimestre 2026, octobre 2026
- Légifiscal, défaillances d'entreprises au 3e trimestre 2026, octobre 2026
- FFB, conjoncture du bâtiment, octobre 2026
- CAPEB, note de conjoncture nationale 2e trimestre 2026, septembre 2026
- Ministère de l'Économie, saisir le Médiateur des entreprises, 2026
- Ministère de l'Économie, commissaires aux restructurations et à la prévention des difficultés, mai 2026
- impots.gouv.fr, accompagnement des entreprises en difficulté (CCSF, Codefi), 2026
- CCI Paris Île-de-France, la procédure de conciliation, 2026
- Banque de France, correspondants TPE-PME, 2026
- Conférence générale des juges consulaires de France, entrepreneurs face aux difficultés, 2026
- Légifiscal, expérimentation des tribunaux des activités économiques, 2025
Informations vérifiées le 20 octobre 2026. Les textes officiels font foi.
Prix du marché, attentes des clients, leviers pour avoir plus d'appels : retrouvez notre guide complet pour les entreprises du bâtiment.