Cambriolages 2025 : 211 600 logements visés en France, ce que disent vraiment les chiffres
Police et gendarmerie ont enregistré 211 600 cambriolages ou tentatives de cambriolage de logements en 2025, soit 3 % de moins qu'en 2024, selon le bilan du ministère de l'Intérieur publié le 9 juillet 2026. La baisse est réelle mais lente, et les premiers chiffres de 2026 montrent déjà un léger rebond. Pour les serruriers, ces données disent où, quand et comment les cambrioleurs entrent, et pourquoi la prévention reste le seul vrai rempart des particuliers.
Par Theo Denis, 2vanture. Publié le , 5 min de lecture. Concerne les serruriers.
Combien de cambriolages en 2025 ?
Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a publié le 9 juillet 2026 son bilan annuel « Insécurité et délinquance en 2025 ». Le chiffre clé pour la profession : 211 600 cambriolages de logements enregistrés, tentatives comprises. C'est 3 % de moins que l'année précédente. Rapporté au parc, cela donne 5,6 cambriolages pour 1 000 logements, autrement dit à peu près un logement sur 180 visité ou forcé dans l'année.
Ce chiffre ne compte que les faits déclarés aux forces de l'ordre. Le ministère le rappelle lui-même : toutes les victimes ne portent pas plainte, surtout pour une tentative sans dégât important. Le volume réel est donc plus élevé, ce que confirment les serruriers appelés pour une porte simplement abîmée par un pied-de-biche, sans vol.
| Période | Cambriolages de logements enregistrés | Évolution |
|---|---|---|
| 2022 | 211 400 (5,8 pour 1 000 logements) | Remontée après le creux du Covid |
| 2024 | Environ 218 700 | +3 % sur un an |
| 2025 | 211 600 (5,6 pour 1 000 logements) | -3 % sur un an |
| Août 2025 à juillet 2026 | 215 554 | +1 % sur douze mois glissants |
Une baisse de long terme, mais un rebond déjà visible en 2026
Sur dix ans, le SSMSI mesure un recul moyen d'environ 2 % par an depuis 2016. La courbe n'a pourtant rien de régulier. Les confinements de 2020 et 2021 ont fait chuter les cambriolages, faute de logements vides. Les chiffres sont ensuite repartis à la hausse jusqu'en 2023 et 2024, avant de redescendre en 2025.
Les données mensuelles de 2026 invitent à la prudence. Le point de conjoncture du SSMSI publié début juillet 2026 relevait une hausse de 7 % des cambriolages de logements entre avril et juin, comparé au premier trimestre. En juillet 2026, 18 665 logements ont été visés, contre 17 419 en juillet 2025, soit 7,1 % de plus. Sur douze mois glissants, le total remonte à 215 554. Le ministère parle d'une tendance stable depuis la fin 2024. Pour un artisan, la lecture est simple : le niveau reste élevé et la demande de sécurisation ne faiblit pas.
Où les cambrioleurs frappent-ils le plus ?
Le risque n'est pas réparti de façon homogène. Dans les agglomérations de plus de 200 000 habitants, le taux grimpe à 6,9 pour 1 000 logements, soit environ 23 % de plus qu'en moyenne à parc égal. Autre donnée frappante : à peu près 1 % des communes concentrent 38 % des cambriolages enregistrés, en volume.
Une étude conjointe de l'Insee et du SSMSI avait identifié les facteurs qui expliquent ces écarts : la densité, le niveau de vie élevé de la commune, et la part importante de maisons et de résidences principales. Les communes faciles d'accès, traversées par une grande route, sont aussi plus exposées que les zones de montagne. Concrètement, un lotissement pavillonnaire aisé proche d'une rocade représente le profil type du secteur à risque.
En taux pour 1 000 logements, les départements de métropole les plus touchés en 2025 sont le Cher (9,3), l'Ain (8,7), l'Isère (8,4), les Bouches-du-Rhône et la Haute-Garonne (8,0 chacun), d'après la base communale du SSMSI. La Nouvelle-Aquitaine se situe exactement dans la moyenne nationale, à 5,6, avec 20 522 cambriolages de logements et un recul de 4 % sur un an. Les écarts internes à la région restent toutefois très marqués d'un département à l'autre.
Quand et comment entrent-ils ?
Une étude de l'assureur Leocare portant sur 2024 situe la moitié des cambriolages la nuit (50,3 %), contre 30,2 % l'après-midi et 19,3 % le matin. Les vacances scolaires, l'été et les fêtes de fin d'année restent les périodes les plus chargées. Un artisan qui anticipe ces pics peut planifier ses campagnes de prévention avant juillet et avant décembre, plutôt que de subir l'afflux d'urgences après coup.
Côté modes opératoires, l'effraction classique par la porte, la fenêtre ou le garage reste majoritaire. La même étude note la progression des intrusions sans effraction (porte simplement claquée, clé récupérée), du crochetage et du bumping qui ne laissent pas de trace visible, et de l'usage de brouilleurs pour neutraliser les alarmes sans fil. Le faux agent ou le faux livreur venu repérer les lieux fait aussi partie du tableau.
Pour le serrurier, ces tendances ont une conséquence directe : un cylindre d'entrée de gamme, même neuf, ne résiste pas à un cambrioleur qui maîtrise le bumping. Le conseil porte donc autant sur la qualité du cylindre que sur le point de fermeture multipoint et le renfort du bâti.
7 % d'élucidation : pourquoi la prévention passe avant tout
Le bilan du SSMSI donne un chiffre que les victimes découvrent souvent avec amertume : seuls 7 % des cambriolages de logements sont élucidés, mesure faite douze mois après les faits. Dans la grande majorité des cas, les objets volés ne seront jamais retrouvés et l'auteur jamais identifié.
Ce constat change la façon de parler au client. Après un cambriolage, il ne s'agit pas seulement de remettre une porte en état de fermer. L'enjeu est d'éviter la récidive, fréquente quand les cambrioleurs savent qu'un logement est mal protégé et qu'il sera rééquipé en biens neufs grâce à l'assurance. Le baromètre A2P 2026 indique que 57 % des Français placent le cambriolage parmi leurs principales craintes domestiques et que plus d'un sur quatre dit avoir déjà été confronté à un cambriolage ou une tentative. La clientèle est donc réceptive, à condition qu'on lui explique clairement ce qu'elle achète.
Que proposer au client après une effraction ?
Voici une méthode de diagnostic en six points, utilisable sur une intervention d'urgence comme sur un devis de sécurisation.
- Constater et photographier les dégâts avant toute réparation, pour le dossier d'assurance et la plainte du client.
- Remplacer systématiquement le cylindre si les clés ont pu être dérobées ou copiées, même quand la serrure fonctionne encore.
- Vérifier le point faible réel : porte, fenêtre de rez-de-chaussée, porte de garage, baie vitrée. Le cambrioleur reviendra par le même chemin si rien n'a changé.
- Proposer un cylindre certifié (A2P ou équivalent) avec carte de propriété, et expliquer le niveau de résistance choisi.
- Chiffrer les options de renfort : serrure multipoint, cornières anti-pince, blindage de porte ou bloc-porte blindé selon le budget et la configuration.
- Remettre une facture détaillée mentionnant les références et certifications, que le client transmettra à son assureur.
Le client doit aussi déclarer le sinistre à son assureur dans le délai très court prévu par son contrat et porter plainte. Rappeler ces démarches, sans se substituer à l'assureur, fait partie d'un service sérieux et rassure une famille encore sous le choc.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il eu de cambriolages de logements en France en 2025 ?
Le ministère de l'Intérieur a recensé 211 600 cambriolages ou tentatives de cambriolage de logements en 2025, en baisse de 3 % sur un an. Cela représente 5,6 faits pour 1 000 logements. Ces chiffres ne comptent que les faits déclarés à la police et à la gendarmerie.
Les cambriolages augmentent-ils en 2026 ?
Les premiers chiffres montrent un léger rebond : +7 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au premier, et +7,1 % en juillet 2026 par rapport à juillet 2025. Sur douze mois glissants, le total atteint 215 554, soit 1 % de plus. Le ministère qualifie la tendance de stable depuis fin 2024.
Quelle part des cambriolages est élucidée ?
Selon le SSMSI, environ 7 % des cambriolages de logements sont élucidés douze mois après les faits. La plupart des victimes ne retrouvent donc jamais leurs biens, ce qui fait de la sécurisation préventive le principal levier de protection.
Faut-il changer la serrure après un cambriolage ?
Oui, dès qu'un doute existe sur les clés ou que le cylindre a été forcé, même s'il fonctionne encore. C'est aussi le moment de vérifier le niveau de résistance de la porte et de choisir un cylindre certifié, car un logement déjà visité reste une cible.
- Ministère de l'Intérieur, SSMSI, Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique et atlas départemental, juillet 2026
- DegroupTest, recul des cambriolages en 2025 et disparités territoriales d'après le SSMSI, août 2026
- Capital via Yahoo Finance, cambriolages de juillet 2026 d'après le ministère de l'Intérieur, août 2026
- Droits-allocations.org, cambriolages de juillet 2026, août 2026
- Insee et SSMSI, moins de cambriolages de logements depuis la crise sanitaire, mai 2023
- MySweetImmo, étude Leocare sur les cambriolages en 2024, août 2025
- Data-cambriolage.fr, exploitation de la base communale SSMSI 2025, octobre 2026
Informations vérifiées le 20 octobre 2026. Les textes officiels font foi.
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