Grêle de l'été 2026 : 89 000 sinistres chez Covéa, le circuit assurance pour les couvreurs
Entre mai et août 2026, Covéa a reçu 89 000 déclarations liées à la grêle et aux vents violents, et le marché pourrait dépasser 1,5 milliard d'euros de dommages sur juin et juillet. Les toitures sont en première ligne. Voici comment fonctionne un sinistre grêle côté assurance et ce que le couvreur peut faire pour accélérer les dossiers.
Par Theo Denis, 2vanture. Publié le , 6 min de lecture. Concerne les couvreurs.
Ce que disent les chiffres de l'été 2026
Le premier assureur des particuliers en France, Covéa (qui regroupe GMF, Maaf et MMA), a enregistré 89 000 déclarations de sinistres auto et habitation liées à la grêle et aux vents violents entre mai et août 2026. Le groupe évalue la charge à environ 300 millions d'euros, un chiffre encore provisoire puisque de nombreux dossiers ouverts en août n'étaient pas clos début septembre. Rien que pour la grêle, Covéa compte près de 65 000 dossiers, contre 59 000 sur la même période en 2025.
À l'échelle du marché, un connaisseur du secteur cité par la presse spécialisée avance 1,5 milliard d'euros de dommages assurés pour les seuls mois de juin et juillet. Ce montant n'est pas officiel : début septembre, France Assureurs n'avait publié aucun bilan grêle pour 2026. Pour comparaison, la fédération chiffre les incendies de l'été en Gironde, dans les Landes et dans le Var à environ 25 000 sinistres pour près de 500 millions d'euros. La grêle pèserait donc trois fois plus lourd que les feux, alors qu'elle fait beaucoup moins parler d'elle.
Le calendrier a aussi bougé. En 2025, les gros épisodes avaient frappé en mai et juin. En 2026, les orages les plus violents sont arrivés en juillet et août, après des vagues de chaleur répétées.
| Année | Coût de la grêle pour les assureurs | Remarque |
|---|---|---|
| 2022 | 5,1 milliards d'euros | Année record |
| 2025 | 2,2 milliards d'euros | Deuxième année la plus lourde depuis 1984, 105 jours de grêle |
| 2026 (juin et juillet) | 1,5 milliard d'euros estimé | Estimation non officielle, bilan définitif attendu |
Et en Gironde ?
Aucun assureur n'a publié de chiffre départemental. Les relevés agricoles donnent toutefois une idée des secteurs touchés. Le bulletin de santé du végétal de la DRAAF Nouvelle-Aquitaine du 15 juillet 2026 signale des orages de grêle dans la nuit du 10 au 11 juillet, avec des impacts surtout dans le Libournais (secteurs de Saint-Émilion et Pomerol), puis un nouvel épisode dans la nuit du 14 au 15 juillet. Fin juin, le département avait aussi été placé deux fois en vigilance orange orages, avec un risque de grosse grêle annoncé.
Les couvreurs girondins ont en mémoire le 20 juin 2022 : des grêlons de plus de 7 cm par endroits selon Météo-France, 862 interventions des pompiers dans 56 communes et, au Taillan-Médoc, une centaine de maisons dont les plafonds s'étaient effondrés sous l'eau entrée par les toitures percées. Ce type d'épisode donne l'ordre de grandeur de ce qui peut tomber sur un planning en une soirée.
Grêle et catastrophe naturelle : pourquoi il n'y aura pas d'arrêté
C'est la question que les clients posent le plus souvent, et la réponse est simple : la grêle et le vent ne relèvent pas du régime des catastrophes naturelles. Aucun arrêté interministériel ne viendra les couvrir. Ils sont indemnisés par la garantie tempête, grêle et neige, obligatoirement incluse dans les contrats multirisques habitation qui couvrent l'incendie.
Conséquences pratiques pour le client : inutile d'attendre un arrêté avant de déclarer, et la franchise appliquée est celle du contrat, pas la franchise légale de 380 euros du régime catastrophe naturelle. France Assureurs indique qu'elle est souvent inférieure, en moyenne de 150 à 200 euros. Seuls les dommages d'inondation (ruissellement, débordement) peuvent relever d'un arrêté catastrophe naturelle, avec un délai de déclaration de 30 jours après la publication au Journal officiel.
Le circuit d'un sinistre toiture, étape par étape
- Mise hors d'eau. Le propriétaire doit limiter l'aggravation des dégâts. Bâcher la toiture fait partie des mesures conservatoires que France Assureurs recommande en attendant l'expert. C'est souvent le premier appel que reçoit le couvreur.
- Photos datées avant toute intervention. Le client, et le couvreur s'il monte sur le toit, photographient les tuiles cassées, les impacts sur le zinc, les gouttières enfoncées, les traces d'eau à l'intérieur.
- Déclaration dans les 5 jours ouvrés. Le délai court à partir du moment où l'assuré a connaissance du sinistre. Il joint un état estimatif des pertes, les photos et les factures utiles.
- Expertise ou non. L'assureur décide selon la description des dégâts. L'expertise n'est pas systématique : chez certains assureurs, elle est en général déclenchée au-delà d'environ 1 600 euros de dommages. Elle peut se faire sur place ou à distance, par photos ou vidéo.
- Devis du couvreur. Pour le bâtiment, l'indemnisation repose sur la valeur de reconstruction, sur la base d'un devis validé, dans la limite des capitaux du contrat. Le devis est la pièce maîtresse du dossier.
- Proposition d'indemnisation. L'assureur déduit la franchise et, selon le contrat, un coefficient de vétusté.
- Travaux et facture. Une partie de l'indemnité peut être versée tout de suite et le complément après présentation de la facture acquittée, notamment quand le contrat prévoit une vétusté récupérable.
Le rôle du couvreur : ce qui fait gagner du temps à tout le monde
Un dossier grêle bien monté se règle plus vite, et le couvreur est payé plus vite. Quelques habitudes font la différence :
- Séparer sur deux documents la mise en sécurité (bâchage, dépose des éléments dangereux) et la réparation définitive. L'assureur traite souvent la première sans attendre.
- Rédiger un devis détaillé poste par poste : nombre de tuiles ou d'ardoises, surface traitée, mètres linéaires de gouttière ou de faîtage, échafaudage ou nacelle, évacuation des gravats.
- Joindre un rapport photo daté qui distingue clairement les impacts de grêle de l'usure. Un défaut d'entretien ou une toiture vétuste n'est pas couvert, et l'expert fera la différence.
- Prévenir le client qu'il doit attendre l'accord de son assureur avant la réparation définitive, sauf mesures d'urgence.
- Être disponible pour le passage de l'expert : un couvreur sur place, qui explique ce qu'il a vu sur le toit, évite bien des allers-retours.
Le client n'est pas obligé de passer par un artisan du réseau de son assureur, sauf clause particulière de son contrat. Le réseau agréé peut réduire l'avance de frais, mais le propriétaire reste libre de choisir son couvreur. Quand l'assureur l'accepte, un règlement direct à l'entreprise évite au client d'avancer la somme.
Exemple cité par la presse spécialisée : après l'orage du 20 juillet, un propriétaire a payé 1 900 euros pour le remplacement d'une quarantaine de tuiles et d'une gouttière. Sur ce type de petit sinistre, la franchise du contrat et la vétusté pèsent lourd dans ce qui reste à la charge du client, et mieux vaut le lui dire dès le devis.
Plannings saturés : comment tenir sans se mettre en danger
Après un gros épisode, les demandes affluent toutes en même temps. Les couvreurs qui s'en sortent le mieux trient les appels : d'abord les maisons où l'eau entre, ensuite les toitures abîmées mais étanches, enfin les simples devis pour l'assurance. Un message clair au client (délai d'intervention réaliste, bâchage provisoire, date du devis) évite les relances à répétition.
Attention aussi aux faux couvreurs qui écument les quartiers sinistrés. Le schéma est connu : visite sans rendez-vous, photos de dégâts inventés, travaux immédiats sans devis, parfois un faux logo d'assurance sur le véhicule. Les personnes âgées sont les premières visées. Un couvreur installé peut le rappeler à ses clients : un professionnel sérieux ne démarche pas après la grêle, il fournit un devis écrit, un numéro SIRET vérifiable et une attestation d'assurance décennale. En cas d'arnaque, la victime peut porter plainte et signaler les faits sur SignalConso.
Questions fréquentes
Faut-il attendre un arrêté de catastrophe naturelle pour déclarer un sinistre grêle ?
Non. La grêle ne relève pas du régime des catastrophes naturelles. Elle est couverte par la garantie tempête, grêle et neige du contrat habitation, et le propriétaire doit déclarer dans les 5 jours ouvrés après avoir constaté les dégâts.
Le couvreur peut-il commencer les travaux avant le passage de l'expert ?
Les mesures d'urgence, comme le bâchage ou la mise hors d'eau, peuvent et doivent être faites tout de suite. Pour la réparation définitive, mieux vaut attendre l'accord de l'assureur, après avoir pris des photos datées de tous les dégâts.
Le client doit-il choisir un couvreur agréé par son assureur ?
Pas obligatoirement, sauf clause particulière de son contrat. Le réseau agréé peut limiter l'avance de frais, mais le propriétaire reste libre de faire appel au couvreur de son choix.
Une toiture ancienne sera-t-elle remboursée à neuf ?
Cela dépend du contrat. L'assureur déduit souvent un coefficient de vétusté, parfois récupérable sur présentation de la facture acquittée. Un défaut d'entretien n'est jamais couvert, d'où l'intérêt d'un rapport photo qui isole bien les impacts de grêle.
- JeChange, grêle de l'été 2026 : 89 000 sinistres chez Covéa, septembre 2026
- Selectra, coût de la grêle 2026 pour les assureurs face aux incendies, septembre 2026
- Selectra, grêle 2026, catastrophe naturelle et assurance auto, septembre 2026
- France Assureurs, grêle : les démarches d'indemnisation, octobre 2024
- France Assureurs, tempête : questions-réponses sur votre assurance, octobre 2024
- Service-public.fr, assurance et catastrophe naturelle, avril 2026
- DRAAF Nouvelle-Aquitaine, bulletin de santé du végétal vigne Nord Aquitaine n° 16, juillet 2026
- Allianz, dégâts de toiture et assurance habitation, novembre 2024
- Magnolia, avance des frais de réparation après sinistre, 2026
- Europe 1 et Terre-net, orages en Gironde du 20 juin 2022, juin 2022
- Leocare, arnaque aux faux couvreurs, juillet 2026
Informations vérifiées le 20 octobre 2026. Les textes officiels font foi.
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